Neopoïos Conseil

Ressources humaines

Partir à la retraite quand on a servi : un passage qui mérite un rite

Le départ à la retraite est l'un des rares grands changements de statut qui ne s'accompagne plus d'aucun rite, sinon le pot de départ. L'agent quitte en un jour une identité construite sur trente ou quarante ans.

Ce que l'on quitte

Un grade, un service, un rythme, une utilité reconnue. Le jour du départ, tout cela disparaît d'un coup, et laisse place à un temps entièrement libre. Pour beaucoup, la difficulté n'est pas financière ni administrative : elle est de l'ordre du sens.

Trois temps pour changer de statut

L'ethnologue Arnold van Gennep a décrit, dans Les Rites de passage (1909), la structure commune à tout changement de statut : on quitte le groupe d'origine (la séparation), on traverse une période de seuil où l'on n'est plus l'un et pas encore l'autre (la marge), puis on est accueilli dans un nouveau groupe (l'agrégation).

La formation « Réussir sa transition vers la retraite » suit ce mouvement sur deux jours. Les participants quittent la tribu des « agents » — du latin agere, agir pour le compte d'autrui — pour rejoindre celle des « émérites » — emeritus, le soldat romain qui a achevé son temps de service et part avec honneur.

Ce que l'on y travaille

  • Situer sa situation au regard des règles de retraite des agents publics et identifier les démarches à engager, et quand. Les cas particuliers sont renvoyés vers le service gestionnaire ou la caisse de retraite.
  • Organiser la transmission de ses compétences et choisir la manière de marquer son départ.
  • Repérer ses besoins prioritaires, répartir autrement son temps, formuler un projet cohérent avec ses valeurs.
  • Entretenir sa mémoire et prendre soin de ses relations.
  • Se fixer trois premières actions concrètes pour les cent premiers jours.

Avec sérieux et légèreté

Tous les départs ne sont pas choisis : limite d'âge, invalidité, épuisement, deuil récent. Le rite reste une proposition, et chacun a le droit de passer son tour. L'humour ne vise jamais les personnes. Le ton reste celui que l'on doit à des professionnels qui ont servi trente ou quarante ans.